| SUR LA ROUTE DE SAINT-GERMAIN |
 |
 |
Place de l’Hôtel de Ville |
Ce n’est qu’en 1929 que la Rue de Saint-Germain-en-Laye, que nous empruntons tous les jours, est devenue l’Avenue du Maréchal Foch. Axe privilégié entre Paris et Saint-Germain, dès le XVIIe siècle, cette route a largement contribué au développement de Chatou. Elle a été empruntée par les rois (Henri IV, Louis XIII), par les marchands (qui transportaient leurs marchandises vers Paris), par les armées… La légende voudrait même que Louis XIV, enfant, se réfugiant à Saint- Germain-en-Laye pendant la Fronde, ait passé une nuit à Chatou.
C’est le long de cette route que se sont établis de nombreux notables. La route était ainsi bordée au XVIIIe et XIXe siècle de grandes propriétés comme celle qui entourait l’actuel Hôtel de Ville. |
 |
| L’HÔTEL DE VILLE |
 |
 |
Villa Camille Périer, avant son achat par la Ville |
Le bâtiment qui abrite aujourd’hui l’Hôtel de Ville fut construit vers 1730 sur l’emplacement d’une demeure beaucoup plus ancienne. En 1829, la demeure est achetée par Camille Périer, alors député. Celui-ci devient Maire de Chatou en 1832 et le restera jusqu’à sa mort en 1844. En 1878, la propriété est rachetée par un groupe de dix-sept bienfaiteurs rassemblés par le maire Ernest Bousson pour devenir l’Hôtel de Ville.
Le campanile est construit en 1879 après l’achat du bâtiment par la ville. Dans le même temps, le parc attenant est loti, des rues sont percées, une place est créée autour du bâtiment. Cela marque le début du développement du quartier. |
 |
| LE DÉVELOPPEMENT DU QUARTIER |
 |
 |
Café-restaurant de la Poste, rue de Saint-Germain vers 1905 |
 |
Maison Fromentin,
rue de Saint-Germain |
|
Sur la place nouvellement créée, Ernest Bousson fait construire par Eugène Bardon, architecte catovien, de très beaux immeubles que l’on peut encore admirer aujourd’hui. C’est Eugène Bardon qui réalise également les plans de l’actuel 1 avenue Ernest Bousson et de l’école maternelle construite en 1885, qui porte aujourd’hui le nom de ce maire qui a beaucoup oeuvré pour la commune. De nouvelles voies sont ouvertes (rue des Dix-Sept, rue Louis Blondel…) et de grandes demeures se construisent. C’est à cette période que Louis-Étienne Lambert va réaliser « sa villa ». |
 |
|
|
| LA VILLA LAMBERT |
 |
 |
Château de Monsieur Lambert,
plan de la façade par Gaultier |
En 1873, Louis-Etienne Lambert acquiert le parc de la pièce d’eau lors du morcellement, par la famille Lacroix, de l’ancien domaine du Seigneur de Bertin. Le nouveau propriétaire réalise un lotissement partiel, simultanément à la construction de sa propre demeure ; une voie privée bordée de murs de clôture sépare alors les maisons du parc du « château ». L’ensemble porte le nom de son promoteur, Villa Lambert. Le château
de la Villa Lambert est conçu à partir d’un projet de l’architecte Alfred Gaultier en 1883. |
 |
| LA SECONDE GUERRE MONDIALE |
 |
 |
Enterrement des 27 martyrs
au cimetière des Landes, 28 août 1944 |
Ce château communément appelé Château de la Pièce d’eau, qui fut le quartier général de la Résistance, est en
1944 le théâtre d’un événement majeur et dramatique de l’histoire de la ville. Suite à la prise de possession de l’Hôtel de Ville par la Résistance le 21 août 1944 et à l’emprisonnement de soldats allemands au château, un détachement de blindés Allemands arrive sur Chatou le 25 août 1944. Malgré la libération des prisonniers ordonnée par le lieutenant Torset pour éviter un massacre inutile, vingt-sept résistants sont mutilés et assassinés par les soldats allemands. Le lendemain, la ville est libérée par l’armée du Général Leclerc. Le 28 août, les corps des résistants enterrés devant le Château sont inhumés au cimetière des Landes lors d’une grande cérémonie et la ville de Chatou honore encore aujourd’hui la mémoire de ces 27 martyrs. Du passage d’Henri IV à la libération de Chatou en 1944, ce quartier a donc été le théâtre de notre histoire locale et nationale et le nom des rues qui le traversent en témoignent encore aujourd’hui. |
 |
| NOS RUES ET LEUR HISTOIRE |
 |
Rue de Sahüne :
Nom de Marie Marguerite
Amélie Pourcet de Sahüne,
seconde femme de Camille
Périer donné à cette rue
ouverte comme celle qui
porte le nom de son mari,
vers 1845 lors du
morcellement de leur
propriété. Elle ne fut
prolongée vers la rue du Chef
Saint Jean qu’en 1878. |
|
Rue Napoléon Ancelin :
Habitant de Chatou fusillé
par les Prussiens le
22 novembre 1870,deux
mois après le début de
l’occupation de la ville,pour
avoir refusé l’accès de sa
maison. Il était né en 1811
d’une famille établie à
Chatou depuis longtemps.
Son nom fut donné à cette
rue en 1892. |
|
 |
D’après « Chatou, nos rues et leur histoire »,
Michel Deroin-Thévenin |
|
|